Il est souvent conseillé de combiner la psychothérapie avec un ou plusieurs médicaments psychotropes. « La nouvelle génération des antidépresseurs sérotoninergiques […] sont la norme de soins pour les problèmes de stress post-traumatique mais pas nécessairement pour les traumas complexes ou le trouble dissociatif » (Dissociation et mémoire traumatique, p. 136).

Plusieurs études scientifiques suggèrent que certains stabilisateurs de l’humeur et certains antipsychotiques de deuxième génération sont à considérer pour le traitement du trauma complexe, mais les essais cliniques sur les patients présentant un trouble dissociatif font défaut.

D’après l’excellent article de C. Damsa C. Lazignac R. Pirrotta A. Andreoli dans la Revue Médicale Suisse :

L’approche psychopharmacologique dépend avant tout des comorbidités psychiatriques : troubles anxio-dépressifs, utilisation d’anxiolytiques et d’antidépresseurs, ou la présence de certains symptômes psychotiques, nécessitant l’introduction d’un antipsychotique. Plusieurs études pharmacologiques ont questionné l’intérêt de certaines molécules (clonidine, naltrexone), pour le traitement des troubles dissociatifs, mais aucune action spécifique n’a pu être démontrée.

L’ISSD (2005) indique que « [l]es médicaments pour les troubles dissociatifs doivent être considérés comme une sorte “d’amortisseurs”, plutôt que comme des interventions curatives… L’objectif est de trouver le meilleur médicament ou la meilleure combinaison de médicaments à un moment donné qui permettent de manière efficace de modérer les symptômes du patient » (Dissociation et mémoire traumatique, p. 137).

Selon Vanderlinden, « la prescription de psychotropes pour un trouble dissociatif doit toujours s’accompagner d’une psychothérapie » (ibid.).

D’après ma propre expérience, un traitement médicamenteux peut être une très bonne béquille, sous réserve de trouver le ou les médicaments adéquats pour la personne. Le traitement médicamenteux doit agir comme un stabilisateur et atténuer certains symptômes comme les flashbacks et ainsi permettre à la thérapie d’avoir lieu dans de meilleures conditions.

[Page mise à jour le 4 octobre 2020]