Personne ne peut « soigner » une guerre, un abus sexuel, un viol, une agression – ni aucune autre atrocité ; les horreurs du passé ne peuvent être annulées. Ce que l’on peut traiter, ce sont les traces que le traumatisme laisse sur le corps, l’esprit et l’âme : la peur de perdre son sang-froid ; la vigilance constante par crainte d’un danger ou d’un rejet ; la haine de soi ; les cauchemars et les flash-back ; le brouillard qui empêche de se concentrer et de s’investir pleinement dans ce qu’on fait ; l’incapacité à ouvrir tout son cœur à une autre personne (Le Corps n’oublie rien, p. 277).

Traitement ambulatoire, hospitalier ou en hôpital de jour ?

Vanderlinden préconise « un suivi individuel en ambulatoire, de préférence deux fois par semaine (au début de la thérapie) » (Dissociation et mémoire traumatique, p. 135). Il poursuit en disant qu’on peut se poser la question d’une hospitalisation si le traitement ambulatoire échoue, mais précise qu’ « il n’existe pas de consensus autour des critères permettant de préciser l’indication » (ibid). Il ne donne aucune indication (ou contre-indication) à hôpital de jour, bien que le sous-titre de l’article le mentionne comme une alternative possible. Il conseille cependant « une courte hospitalisation afin de stabiliser le patient » (ibid.).

De mon point de vue de patiente, je suis favorable à un suivi en ambulatoire, d’autant plus quand le suivi peut être régulier et avec des entretiens rapprochés (au moins une fois par semaine allant jusqu’à trois fois par semaine en cas de crise aiguë ou de situation nécessitant la stabilisation). L’hôpital de jour peut compléter le suivi de plusieurs façons : par la régularité et la proximité des soins et des soignants, par des ateliers thérapeutiques, par la socialisation avec d’autres patients et la prise de repas en commun, etc., mais je ne pense pas que l’hôpital de jour, seul, peut être une alternative.

En ce qui concerne l’hospitalisation, il est évident qu’elle peut parfois s’avérer nécessaire, surtout en cas de crise aigue qui perdure dans le temps, mais j’avoue que je ne crois pas bénéfique d’espérer une stabilisation par une courte hospitalisation. La sécurité du patient traumatisé chronique est une tâche ardue et chronophage et il est plus probable que le patient simule un mieux-être pour sortir d’hospitalisation ou switch pour une autre personnalité (dans le cas des personnes atteintes du trouble dissociatif de l’identité) pour ainsi se montrer sous un meilleur jour afin de sortir plus vite. Une hospitalisation « réussie » est un séjour où le patient puisse se sentir suffisamment en sécurité pour être vraiment stabilisé, ce qui est rarement le cas.

[Page mise à jour le 4 octobre 2020]

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