1. Le trouble dissociatif de l’identité (TDI)

Les symptômes dissociatives chez une personne qui souffre de TDI peuvent, selon Onno van der Hart, être catégorisés comme suit :

négatifs (avec des pertes fonctionnelles telles que des amnésies ou des paralysies, la perte de certaines compétences, comme la conduite automobile par exemple) ou positifs (des intrusions telles que des flash-backs, des voix ou d’autres influences passives des parties dissociatives) ;

psychoformes (avec des symptômes tels que des amnésies, le fait d’entendre des voix, de se sentir comme si des pensées ou des émotions qui ne vous appartiennent pas s’imposaient à vous comme si elles venaient de nulle part) ou somatoformes (avec des symptômes tels que des anesthésies ou des tics, ou des sensations somatiques en rapport avec le trauma, comme des douleurs vaginales évoquant un viol passé par exemple) (Dissociation et mémoire traumatique, p. XIV-XV).

2. L’amnésie dissociative avec ou sans fugue dissociative

Le principal critère de l’amnésie dissociative est l’incapacité à se rappeler des informations autobiographiques. C’est généralement lié à un trauma ou à un stress, ce qui la distingue de l’oubli ordinaire. Parfois, l’amnésie est localisée et sélective, mais elle peut aussi être généralisée. Il a été rapporté des troubles d’amnésie dissociative entre autres dans les traumas de guerre, l’Holocauste, des pertes traumatiques, la violence physique et/ou sexuelle, la torture et des actes suicidaires.

3. Le trouble de dépersonnalisation/déréalisation

Le critère de la dépersonnalisation est la suivante : « Expériences d’irréalité, de détachement, ou d’être un observateur extérieur de ses propres pensées, de ses sentiments, de ses sensations, de son corps ou de ses actes » (Le Soi hanté, p. 164).

4. Autre trouble dissociatif spécifié (ATDS)

La catégorie autre trouble dissociatif spécifié comprend des syndromes chroniques et récurrents de symptômes dissociatifs mêlés, une perturbation de l’identité due à une persuasion forcée prolongée et intense, des réactions aiguës aux événements traumatisants et la transe dissociative.

Un large éventail d’autres symptômes

D’après les auteurs du Soi hanté, beaucoup de personnes traumatisées chroniques « ont un large éventail de symptômes et répondent aux critères de toute une série de troubles mentaux, en particulier lorsque la traumatisation a commencé dans la petite enfance, qu’elle était de nature interpersonnelle, mettait en danger l’intégrité du corps de l’enfant et était sévère et chronique » (Le Soi hanté, p. 181, nous mettons en gras).

Parmi ces symptômes, on trouve :

  • l’humeur dépressive ;
  • l’anxiété et la panique ;
  • les dysfonctionnements sexuels ;
  • les troubles du sommeil ;
  • l’automutilation ;
  • les symptômes somatoformes ;
  • les impulsions agressives ;
  • les impulsions suicidaires ;
  • les troubles toxicomaniaques ;
  • les troubles alimentaires ;
  • les difficultés au travail ;
  • les difficultés dans les relations personnelles.

Comorbidité ou spectre de symptômes et de troubles ?

Pour les patients souffrant de traumatismes chroniques, vivre est souvent un combat permanent. Ils présentent en général une large palette de symptômes, qu’on classe souvent sous différentes combinaisons de comorbidité, ce qui peuvent rendre l’évaluation et le traitement complexes et confus (Le Soi hanté, p. 9).

Les troubles dissociatifs de l’identité et la dépersonnalisation sont les troubles dissociatifs les plus fréquemment associés avec des comorbidités. « Les comorbidités les plus fréquemment associées sont les troubles de personnalité borderline (70%) et les états de stress post-traumatique » (« Troubles dissociatifs : aspects cliniques, neurobiologiques et thérapeutiques »).

[Page mise à jour le 4 octobre 2020]

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