Dépister un trouble dissociatif :

Des outils de dépistage des troubles dissociatif existent, mais « chez des patients hautement dissociatifs, les résultats des tests peuvent être discordants en fonction de la ou des parties qui y prennent part, et de l’éventualité que certaines parties bloquent les réponses franches du patient » (Le Soi hanté, p. 302).

Beaucoup de survivants de traumatismes (chroniques) ont consulté différents cliniciens au cours de leur histoire, qui peuvent avoir chacun diagnostiqué un trouble mental différent. Cette variabilité peut être due à l’habituelle abondance des symptômes, ainsi qu’à la labilité des symptômes de premier plan causée par l’alternance des parties dissociatives qui dominent la conscience (Le Soi hanté, p. 299).

Les outils d’évaluation des symptômes dissociatifs :

  • le Multidimensional Inventory of Dissociation (MID) ;
  • le Dissociative Experiences Scale (DES) ou, en français, l’Échelle des expériences dissociatives ;
  • le Somatoform Dissociation Questionnaire (SDQ-20 / SDQ-5) ou, en français, le Questionnaire de dissociation somatoforme ;
  • le Structured Interview for Disorders of Extreme Stress (SIDES).

L’Échelle d’expériences dissociatives (DES) est « l’échelle de dépistage la plus utilisée, grâce à sa sensibilité et à sa traduction validée dans plusieurs langues » (« Troubles dissociatifs : aspects cliniques, neurobiologiques et thérapeutiques »). Par ailleurs, « [l]a sévérité de la dissociation peut être évaluée avec le questionnaire de dissociation (DIS-Q) » (ibid.)

A ma connaissance, seuls le DES, le DIS-Q et le SDQ existent traduits en français. Le SIDES est un outil pour dépister les désordres dus à un stress extrême, mais, d’après les auteurs du Soi hanté, les groupes de symptômes qui y sont définis « peuvent être considérés comme ayant des fondements dissociatifs » (Le Soi hanté, p. 306).

L’évaluation initiale

Toujours selon les auteurs du Soi hanté, « [l]’évaluation initiale des survivants de traumatisation chronique doit être complète et méthodique ; elle doit couvrir tous les domaines de leur vie et de leur fonctionnement mental » (Le Soi hanté, p. 296).

Il me semble cependant important à noter que les patients traumatisés chroniques vont rarement indiquer à un parfait inconnu, thérapeute ou non, avant d’avoir pu s’assurer d’un lien sécure, qu’ils sont traumatisés chroniques. D’ailleurs, le terme « traumatisé chronique » ne vient probablement pas à l’esprit du patient qui peut avoir du mal à réaliser l’ampleur des dégâts subis et qui vient probablement consulter pour des motifs autres, comme un sentiment de confusion, d’irréalité, de dépression ou de crises d’angoisse.

C’est par des bribes d’informations que la ou les parties dissociatives présentes lors de l’entretien voudra/voudront bien communiquer que le thérapeute devra s’orienter. Peut-être le patient consent-il à évoquer des maltraitances ou des carences dans l’enfance ? Dans ce cas, il convient peut-être, si le patient peut s’engager dans cette voie, de s’enquérir de quel(s) genre(s) de maltraitance(s), leur(s) fréquence, leur durée, et aussi si le patient est en sécurité maintenant ou s’il demeure dans un contexte maltraitant ?

Des détails qui comptent

Le thérapeute doit aussi être attentif aux lacunes dans la présentation du patient (dues à une amnésie ou à une partie qui bloque l’information), à une utilisation d’un grand nombre de pronoms indirects (ça, on), les changements soudain de syntaxe, les références à soi à la troisième personne (assez fréquentes, mais pas systématiques), des changements brusques de sujet, des modifications soudaines du ton ou de la cadence verbale… Ces détails peuvent évoquer la possibilité d’un trouble dissociatif de l’identité (Le Soi hanté, p. 299).

[Page mise à jour le 4 octobre 2020]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *