Quel genre d’événements et quelles caractéristiques personnelles peut-on mettre en rapport avec la dissociation ?

Origines traumatiques de la dissociation

Bien que la cause de ces troubles soit encore controversée, on peut avancer le fait que de nombreux cliniciens et chercheurs associent de nos jours traumatisme, en particulier la traumatisation chronique, et troubles dissociatifs :

La traumatisation chronique est un facteur majeur dans le développement de formes plus complexes de dissociation structurelle (Le Soi hanté, p. 43).

Des facteurs de risques

Les événements potentiellement traumatisants

Certains événements sont potentiellement plus traumatisants que d’autres. Ils provoquent des vécus puissants, soudains, incontrôlables, imprévisibles et extrêmement négatifs (Le Soi hanté, p. 42).

C’est le cas notamment des violences interpersonnelles. Sans vouloir détailler les événements potentiellement traumatisants, il est évident que certains vécus (comme par exemple les guerres, les agressions sexuelles, les violences interpersonnelles incluant des blessures physiques ou des menaces de mort…) sont susceptibles de provoquer des troubles dissociatifs.

Les événements qui ne menacent pas directement la vie, mais représentent une perte d’attachement ou une trahison de la part d’une personne objet d’attachement, accroissent aussi le risque de traumatisation. Les maltraitances à enfant comprennent souvent la totalité de ces facteurs » (ibid.).

Le manque de soutien social

Le manque de soutien social, poursuivent les auteurs du Soi hanté, constitue un facteur majeur de risque d’apparition de troubles d’origine traumatique […] C’est peut-être particulièrement vrai pour les enfants, parce qu’ils dépendent complètement de l’aide des adultes pour arriver à intégrer les expériences difficiles (Le Soi hanté, p. 43).

Les caractéristiques individuelles (âge, signification, préparation antérieure)

Il a été établi un lien entre les troubles dissociatifs et l’âge de la personne au moment de la traumatisation : « plus elle est jeune, plus il est probable qu’un trouble va se développer » (Le Soi hanté, p. 45).

De plus, la signification que l’on attribue à un événement traumatisant (acte divin, punition…) est aussi importante dans le développement d’un trouble. Les enfants croient souvent que les violences ou négligences à leur égard sont leur faute, soit parce que leurs agresseurs le leur disent, soit parce qu’ils ne peuvent pas comprendre autrement pourquoi on leur fait du mal.

Enfin, le degré de préparation à un événement est aussi à prendre en considération. On imagine difficilement comment on peut être préparé à un viol ou une menace de mort, mais c’est sans prendre en compte la résilience chez les enfants victimes de maltraitances sévères et répétées.

[Page mise à jour le 4 octobre 2020]